Vous qui avez des certitudes si vous saviez comme je vous envie. Je suis née sceptique et croyez bien que je n'en suis point fière. Etre sceptique , c'est vivre dans l'insécurité totale, c'est inconfortable, angoissant, cela peut même frôler la désespérance.
Mes plus vieux souvenirs remontent au berceau: je vois des gens penchés vers moi, admiratifs du gros bébé que j'étais , me parlant un langage simpliste de guili-guili. J'ai conscience de les regarder en me disant qu'ils me prennent sans doute pour une imbécile avant même que je leur en donne la preuve .
Dans l'enfance , je confondais croyance et certitude. Ainsi je croyais que le beurre provenait d'un quelconque mélange de farine et d'huile , très éloigné du lait. J'ai cru jusqu'à l'âge de sept ans que la frontière que l'on nommait ``ligne`` par chez-moi , était constituée d'un large et profond fossé qui s'étirait à l'infini et que l'on passait avec précaution aidé des douaniers. Mes lectures m'ont fait croire un certain temps que St-Exupéry était un vénérable saint plutôt qu'un écrivain célèbre.
Vous me direz que ma naiveté a dû se complaire lorsque l'enseignement religieux est entré dans ma vie. Pas du tout, mon scepticisme latent s'est éveillé et je ne compte plus les questions embarrassantes que je posais aux religieuses , aux vicaires , aux laics , concernant entre autres les propriétés et qualités de celui que l'on nomme Dieu. Je les interrogeais sur l'histoire des religions , sur la différence entre catholiques et orthodoxes . Je leur demandais s'ils adhéraient vraiment à toutes ces croyances.
Si Dieu existe comme on me le décrivait pourquoi celui des autres religions n'était-il pas aussi bon et fiable? La morale du petit catéchisme me semblait avoir été inventée par des hommes contrôlants bien plus que par Dieu lui-même...Je n'étais pas reposante pour les autres et encore moins pour moi-même. Les réponses apportées à mon questionnement me laissaient encore plus sceptique. Et si c'était autre chose ? Peut-il y avoir un autre point de vue?
Il y a bien une certitude à laquelle j'adhère: le corps que j'habite doit mourir un jour. Quant à ce que l'on nomme âme, esprit, entité ou autres termes plus ésotériques qui survit au corps, je choisis le pari de Pascal car cela me réconforte d'y croire. Sous quelle forme la vie continue-t-elle, je n'ai aucune certitude sauf de l'imagination à revendre.
Je ne fais pas partie des Sceptiques du Québec, je suis trop sceptique pour m'attacher à de telles croyances. Vous le voyez, longtemps j'ai été dans un tourment déchirant, mon coeur aurait voulu s'apaiser dans la croyance tandis que ma raison se rebiffait dans l'incertitude .
Pour vous rassurer sachez que depuis une dizaine d'années j'ai cessé de lutter contre ma condition de sceptique , je l'assume de mieux en mieux comme un don naturel qui servirait à poser des questions sans attendre que les réponses-vérités soient immuables . Je vous pose tout de même une dernière question: suis-je vraiment sceptique?
lundi 1 août 2011
mercredi 20 juillet 2011
Que sont mes amies devenues Rutebeuf
Chères amies,
Je dois d'abord vous demander pardon de parler de vous sans votre permission, à votre insu. Je me suis toujours considérée comme un parasite envers vous, je continuerai dans la même foulée. Sans doute l'ignoriez-vous mais j'ai profité de vous à souhait , je me suis plu à vous côtoyer , vous m'avez beaucoup donné.
J'entends vos protestations:
Louise, oui toi Louise de la Bruère, au nom si noble , je t'entends dans la balançoire du jardin de ton père à Coaticook quand nous chantions , toi d'une voix si belle et si juste et moi lisant sur tes lèvres pour garder le rythme que je maîtrisais mal. J'entends Mozart et Beethoveen à travers le son de ton piano, je me souviens d'avoir souvent eu les larmes aux yeux en t'écoutant jouer.
Tu m'as appris à nager au lac Lippy , nous nous vêtions comme des jumelles, ta mère achetait les tissus de nos robes que maman confectionnait. Je nous vois jouant des tours pendables à ta cousine Simone C. Ma famille moins à l'aise que la tienne ne pouvait me donner ce que tu m'offrais si généreusement.Ta plus grande qualité outre ton grand talent artistique, c'est bien ta grande générosité .Oh non ! pas de protestations , je ne veux pas les entendre.
Louise de la Bruère qui a fondé et dirigé le choeur Florilège à Sherbrooke.
Et toi, Ghislaine St-Amour si menue et toujours si élégante, j'ai profité de ta grande disponibilité pour faire du camping chez les Cabana et les Loubier au lac Lyster. Tu m'as laissée manger des bonbons à la cenne quand j'étais stagiaire dans ta classe. Ce que nous pouvions rire de nous et des autres sans culpabilité, tu payais les frites de ma cousine Lise et moi la sauce qui les accompagnaient ... J'ai connu tes premiers coups de coeur et toi les miens, nous avons marché si souvent des dizaines de kilomètres pour visiter notre camp de louveteaux chez les Carbonneau à St-Herménégilde.
Ton mariage t'a éloignée de moi , je suivais tout de même ton parcours grâce à mon père lors de tes rencontres familiales dans notre région.Tu as visité le monde entier , fait de l'Afrique un lieu d'adoption plus longtemps que ma propre tentative. Ghislaine tu portes un patronyme que j'envie...
Est-ce que je t'entends protester?
Ghislaine St-Amour a été professeur et femme d'ambassadeur dans divers pays africains.
Ah la Provencher! Aline de son prénom.
Aline mon amie du secondaire, mon amie d'école normale ( nous n'étions pas si normales que le mot le laisse entendre), mon amie de couple marié et enfin mon amie pour toujours.
Aline, la grande aux baguettes en l'air, à l'énergie entraînante, une femme de coeur à l'esprit familial développé qui s'excuse de vous négliger et qui finit toujours par vous chouchouter.
Aline, si intelligente qu'elle faisait l'envie de nos professeurs . J'ai profité de ta Citroen et de ta dangerosité de conductrice pour te donner confiance ...(elle va me tuer). J'ai profité de ton style direct qui m'a fait évoluer, de tes maisons à la campagne, de nos conversations reprises comme si on venait de les quitter, de tes récits de voyage si bien imagés et qui me font faire des économies.
Je te le dis , j'entends bien continuer à te parasiter , pour une fois oublie les protestations, cette fois tu n'auras pas le dessus alors inutile de crier depuis Granby.
Aline Provencher directrice en chef du clan Provencher et grande voyageuse .
Marie-Marthe avec toi je me sens coupable car dans tes Cantons de l'Est d'origine , Valcourt , le parasitage est malvenu. Avec Marie-Marthe , une amie de Sabrevois depuis quarante ans , il est impossible de ne pas être un parasite.
Marie-Marthe cuisine pour une armada d'amies, de proches parents, de parents éloignés, je la soupçonne de diriger une cantine secrète. Je lui dois des kilos en trop sur mes hanches à force de déguster ses confitures, ses gelées, ses tartes au sucre et son foie gras. J'ai parasité tous ses `` party`` qu'elle a donnés pour toutes les occasions de sa vie maritale et celle de ses cinq enfants et les anniversaires de ses amies. J'ai parasité le récit d'une partie de sa vie écrit comme un calendrier saisonnier. Je lui dois des `` petites affaires de rien du tout `` à l'occasion de la St-Valentin , de l'Halloween , de Pâques ... Et dernièrement je lui dois : l'Arbre à Jujubes comme celui qui trônait sur la table de ma grand-mère maternelle au jour de l'an. Les jujubes accrochés aux branches à mes yeux d'enfants , c'étaient une Merveille.
Marie-Marthe , tu peux protester cela ne t'empêchera pas de recommencer tes ``petites générosités`` et moi de les aimer.
Marie-Marthe Véronneau, mère, grand-mère, écrivaine et directrice de l'auberge Des Trois Epinettes.
Douce France, cher plaisir de mon enfance...
Ma chère France, je vous dirai vous pour respecter votre grand âge ( pour me faire pardonner mon tutoiement habituel). Je vous dirai que j'aurais aimé vous connaître avant mais voilà je ne vous aurais pas connue maintenant.
France qui me rappelle tant ma mère par le talent, le goût de la ``guenille``( le beau vêtement), l'intelligence vive. France si cultivée, je parasite votre bibliothèque et votre longévité. France avec qui je joue au Scrabble le dimanche à14:00h en dégustant des mignardises . France que j'appelle gentiment mon écureuil , fait ses provisions pour l'hiver , l'été à bicyclette en disant que l'exercice profite à ses jambes.
France , je vous le dis malgré vos protestations, vous êtes une vieille dame si jeune de coeur et d'esprit,
une voisine de palier si agréable comme on en voit peu dans une longue vie.
France Tarte, 86 ans bibliothécaire pour les aînés secteur Iberville .
Je dois d'abord vous demander pardon de parler de vous sans votre permission, à votre insu. Je me suis toujours considérée comme un parasite envers vous, je continuerai dans la même foulée. Sans doute l'ignoriez-vous mais j'ai profité de vous à souhait , je me suis plu à vous côtoyer , vous m'avez beaucoup donné.
J'entends vos protestations:
Louise, oui toi Louise de la Bruère, au nom si noble , je t'entends dans la balançoire du jardin de ton père à Coaticook quand nous chantions , toi d'une voix si belle et si juste et moi lisant sur tes lèvres pour garder le rythme que je maîtrisais mal. J'entends Mozart et Beethoveen à travers le son de ton piano, je me souviens d'avoir souvent eu les larmes aux yeux en t'écoutant jouer.
Tu m'as appris à nager au lac Lippy , nous nous vêtions comme des jumelles, ta mère achetait les tissus de nos robes que maman confectionnait. Je nous vois jouant des tours pendables à ta cousine Simone C. Ma famille moins à l'aise que la tienne ne pouvait me donner ce que tu m'offrais si généreusement.Ta plus grande qualité outre ton grand talent artistique, c'est bien ta grande générosité .Oh non ! pas de protestations , je ne veux pas les entendre.
Louise de la Bruère qui a fondé et dirigé le choeur Florilège à Sherbrooke.
Et toi, Ghislaine St-Amour si menue et toujours si élégante, j'ai profité de ta grande disponibilité pour faire du camping chez les Cabana et les Loubier au lac Lyster. Tu m'as laissée manger des bonbons à la cenne quand j'étais stagiaire dans ta classe. Ce que nous pouvions rire de nous et des autres sans culpabilité, tu payais les frites de ma cousine Lise et moi la sauce qui les accompagnaient ... J'ai connu tes premiers coups de coeur et toi les miens, nous avons marché si souvent des dizaines de kilomètres pour visiter notre camp de louveteaux chez les Carbonneau à St-Herménégilde.
Ton mariage t'a éloignée de moi , je suivais tout de même ton parcours grâce à mon père lors de tes rencontres familiales dans notre région.Tu as visité le monde entier , fait de l'Afrique un lieu d'adoption plus longtemps que ma propre tentative. Ghislaine tu portes un patronyme que j'envie...
Est-ce que je t'entends protester?
Ghislaine St-Amour a été professeur et femme d'ambassadeur dans divers pays africains.
Ah la Provencher! Aline de son prénom.
Aline mon amie du secondaire, mon amie d'école normale ( nous n'étions pas si normales que le mot le laisse entendre), mon amie de couple marié et enfin mon amie pour toujours.
Aline, la grande aux baguettes en l'air, à l'énergie entraînante, une femme de coeur à l'esprit familial développé qui s'excuse de vous négliger et qui finit toujours par vous chouchouter.
Aline, si intelligente qu'elle faisait l'envie de nos professeurs . J'ai profité de ta Citroen et de ta dangerosité de conductrice pour te donner confiance ...(elle va me tuer). J'ai profité de ton style direct qui m'a fait évoluer, de tes maisons à la campagne, de nos conversations reprises comme si on venait de les quitter, de tes récits de voyage si bien imagés et qui me font faire des économies.
Je te le dis , j'entends bien continuer à te parasiter , pour une fois oublie les protestations, cette fois tu n'auras pas le dessus alors inutile de crier depuis Granby.
Aline Provencher directrice en chef du clan Provencher et grande voyageuse .
Marie-Marthe avec toi je me sens coupable car dans tes Cantons de l'Est d'origine , Valcourt , le parasitage est malvenu. Avec Marie-Marthe , une amie de Sabrevois depuis quarante ans , il est impossible de ne pas être un parasite.
Marie-Marthe cuisine pour une armada d'amies, de proches parents, de parents éloignés, je la soupçonne de diriger une cantine secrète. Je lui dois des kilos en trop sur mes hanches à force de déguster ses confitures, ses gelées, ses tartes au sucre et son foie gras. J'ai parasité tous ses `` party`` qu'elle a donnés pour toutes les occasions de sa vie maritale et celle de ses cinq enfants et les anniversaires de ses amies. J'ai parasité le récit d'une partie de sa vie écrit comme un calendrier saisonnier. Je lui dois des `` petites affaires de rien du tout `` à l'occasion de la St-Valentin , de l'Halloween , de Pâques ... Et dernièrement je lui dois : l'Arbre à Jujubes comme celui qui trônait sur la table de ma grand-mère maternelle au jour de l'an. Les jujubes accrochés aux branches à mes yeux d'enfants , c'étaient une Merveille.
Marie-Marthe , tu peux protester cela ne t'empêchera pas de recommencer tes ``petites générosités`` et moi de les aimer.
Marie-Marthe Véronneau, mère, grand-mère, écrivaine et directrice de l'auberge Des Trois Epinettes.
Douce France, cher plaisir de mon enfance...
Ma chère France, je vous dirai vous pour respecter votre grand âge ( pour me faire pardonner mon tutoiement habituel). Je vous dirai que j'aurais aimé vous connaître avant mais voilà je ne vous aurais pas connue maintenant.
France qui me rappelle tant ma mère par le talent, le goût de la ``guenille``( le beau vêtement), l'intelligence vive. France si cultivée, je parasite votre bibliothèque et votre longévité. France avec qui je joue au Scrabble le dimanche à14:00h en dégustant des mignardises . France que j'appelle gentiment mon écureuil , fait ses provisions pour l'hiver , l'été à bicyclette en disant que l'exercice profite à ses jambes.
France , je vous le dis malgré vos protestations, vous êtes une vieille dame si jeune de coeur et d'esprit,
une voisine de palier si agréable comme on en voit peu dans une longue vie.
France Tarte, 86 ans bibliothécaire pour les aînés secteur Iberville .
mardi 19 juillet 2011
le décès de ma mère
Je dédie ces mots à mes cousines : Lise St-A.R.
Monique L.
Nicole B.
Pauline R.
J'ai un peu honte de mettre des mots sur un évènement aussi intime et émouvant. Ma mère Bernadette est décédée d'un cancer du poumon en octobre 1993 dans un hôpital de Sherbrooke. Malade depuis plus de deux années avec un diagnostique final tardif , elle et moi avons eu le temps d'apprivoiser la mort qu'elle acceptait comme une délivrance, cet après-midi d'octobre elle a accroché ses patins.
Ma cousine par alliance Lise St-A.R., infirmière, passait tout son temps libre et plus, auprès d'elle. Je lui suis redevable car j'étais alors captive avec un autre malade chez-moi. Voyant venir les derniers
moments , Lise m'appelle au chevet de ma mère et avise aussi des cousines affectivement et géographiquement proches de ma famille. Nous voilà donc Lise, Monique, Nicole, Pauline et moi près du lit de maman . Nous avons certes de la peine mais nous sommes toutes des introverties alors l'abondance de larmes viendra après...
Pauline, femme de grande foi et respectueuse des rites religieux me signale qu'il faudrait faire donner à maman l'onction des malades (Extrême- Onction). Nous demandons l'aumônier qui à notre surprise est
un homme dans la jeune trentaine aux cheveux châtains frisés et aux beaux yeux bleus. Un bel homme que les circonstances tristes ne nous permettent pas d'admirer à sa juste valeur. L'aumônier nous mentionne que Bernadette a reçu les derniers sacrements il y a un mois et qu'il peut quand même faire des prières avec nous selon nos désirs.
La main posée sur le front de ma mère il récite des Ave Maria, le Notre Père et entonne Au ciel, au ciel, au ciel, j'irai la voir un jour...cantique religieux traditionnel bien connu d'une autre génération. L'aumônier nous demande ensuite de nommer des parents décédés qui accueilleront ma mère au Paradis. Nous commencons par nos grands-parents Amanda et Joseph, suivis de Roland, Yvonne, Gérard, Félicienne. Adélard. Dans les moments tragiques viennent souvent les idées folles; je levai les yeux vers mes cousines Lise et Monique et je vis dans leurs regards qu'elles pensaient la même chose que moi. Si on continuait ainsi à nommer des parents morts on en avait pour la nuit car maman était issue d'une famille de dix-sept enfants dont la moitié étaient décédés sans compter leurs conjoints respectifs.
Le fou rire s'empara de nous, nous ne voulions pas scandaliser l'aumônier qui me passait les Kleenex pour m'essuyer les yeux. Mes mains s'agrippaient aux draps lu lit pour essayer de contenir mon hilarié et je ne pensais qu'à une chose: vitement que l'aumônier se retire pour pouvoir laisser libre cours à mes émotions.
J'ai revu Monique et Lise dernièrement et nous nous rappelons toujours avec autant de ``plaisir coupable`` les derniers moments de Bernadette si bien accueillie et dans la joie au Paradis.
Monique L.
Nicole B.
Pauline R.
J'ai un peu honte de mettre des mots sur un évènement aussi intime et émouvant. Ma mère Bernadette est décédée d'un cancer du poumon en octobre 1993 dans un hôpital de Sherbrooke. Malade depuis plus de deux années avec un diagnostique final tardif , elle et moi avons eu le temps d'apprivoiser la mort qu'elle acceptait comme une délivrance, cet après-midi d'octobre elle a accroché ses patins.
Ma cousine par alliance Lise St-A.R., infirmière, passait tout son temps libre et plus, auprès d'elle. Je lui suis redevable car j'étais alors captive avec un autre malade chez-moi. Voyant venir les derniers
moments , Lise m'appelle au chevet de ma mère et avise aussi des cousines affectivement et géographiquement proches de ma famille. Nous voilà donc Lise, Monique, Nicole, Pauline et moi près du lit de maman . Nous avons certes de la peine mais nous sommes toutes des introverties alors l'abondance de larmes viendra après...
Pauline, femme de grande foi et respectueuse des rites religieux me signale qu'il faudrait faire donner à maman l'onction des malades (Extrême- Onction). Nous demandons l'aumônier qui à notre surprise est
un homme dans la jeune trentaine aux cheveux châtains frisés et aux beaux yeux bleus. Un bel homme que les circonstances tristes ne nous permettent pas d'admirer à sa juste valeur. L'aumônier nous mentionne que Bernadette a reçu les derniers sacrements il y a un mois et qu'il peut quand même faire des prières avec nous selon nos désirs.
La main posée sur le front de ma mère il récite des Ave Maria, le Notre Père et entonne Au ciel, au ciel, au ciel, j'irai la voir un jour...cantique religieux traditionnel bien connu d'une autre génération. L'aumônier nous demande ensuite de nommer des parents décédés qui accueilleront ma mère au Paradis. Nous commencons par nos grands-parents Amanda et Joseph, suivis de Roland, Yvonne, Gérard, Félicienne. Adélard. Dans les moments tragiques viennent souvent les idées folles; je levai les yeux vers mes cousines Lise et Monique et je vis dans leurs regards qu'elles pensaient la même chose que moi. Si on continuait ainsi à nommer des parents morts on en avait pour la nuit car maman était issue d'une famille de dix-sept enfants dont la moitié étaient décédés sans compter leurs conjoints respectifs.
Le fou rire s'empara de nous, nous ne voulions pas scandaliser l'aumônier qui me passait les Kleenex pour m'essuyer les yeux. Mes mains s'agrippaient aux draps lu lit pour essayer de contenir mon hilarié et je ne pensais qu'à une chose: vitement que l'aumônier se retire pour pouvoir laisser libre cours à mes émotions.
J'ai revu Monique et Lise dernièrement et nous nous rappelons toujours avec autant de ``plaisir coupable`` les derniers moments de Bernadette si bien accueillie et dans la joie au Paradis.
lundi 18 juillet 2011
Un livre d'influence
Il existe des livres qui à l'exemple des gens que nous croisons nous influencent plus que d'autres. ``Les mots pour le dire ``de Marie Cardinal ont été pour moi une prise de conscience totale et bénéfique .
J'avais avec ma mère Bernadette une relation compétitive. Ma mère femme de devoir et femme
d'intérieur accomplie: cuisine, ménage, tricot, couture, jardin, était une femme que l'on dit parfaite. Vivre avec la perfection , croyez-moi c'est plus que difficile , il faut être à la hauteur , irréprochable.
Elevée sévèrement ma mère ne faisait de compliments à personne surtout pas à nous ses enfants cela aurait pu nous rendre orgueilleux. A l'adolescence , rêveuse , très occupée à étudier et à gagner le coût de mes études en travaillant à l'Oeuvre des terrains de jeux, je m'accommodais assez bien de sa perfection. Après mon mariage ce fut autre chose. Je la voyais un week-end par mois et à toutes les grandes fêtes , je revenais toujours bouleversée de nos rencontres , les larmes au yeux avec un mal d'estomac angoissant .Me voyant souvent mal en point en sa présence , ma mère que les questions directes n'avaient jamais gênée me dit:`` Coup donc est-ce que je te rends malade? ``
A sa question , face à elle, nulle réponse. Pourtant je réfléchissais et j'en étais à me demander si elle n'avait pas raison lorsque je lus le livre de Marie Cardinal. Le vécu de l'auteur avec sa propre mère, médecin et femme de devoir n'a rien de commun avec le mien. Ce qui est semblable, c'est la souffrance qui nous étouffe.
Marie Cardinal exprimait avec ses mots à elle , exactement ce que je ressentais moi-même. Elle me fit prendre conscience du grand pouvoir que j'accordais à ma mère, mon désir d'approbation , d'identification et surtout que je n'avais pas le pouvoir de la changer mais de changer mon jugement face à la situation.
L'auteur qui a fait une longue psychanalyse explique qu'après avoir pris conscience de l'interaction psychologique entre sa mère et elle , elle a pu prendre suffisamment de distance émotionnelle pour en arriver à un degré de neutralité: les blessures d'enfance de sa mère appartiennent à sa mère et que pour guérir de ses propres blessures , il faut travailler sur soi , éviter de prendre les remarques désobligeantes de ses proches comme étant personnelles, ne pas tenir les autres pour responsables ils ont bien assez de leurs propres bobos à gérer.
Si vous avez des relations mère-fille pénibles, je vous souhaite de lire un livre qui vous ouvrira des portes. Cela m'est arrivé à 45 ans , deux ans avant le décès de ma mère ... heureusement pour nous deux.
J'avais avec ma mère Bernadette une relation compétitive. Ma mère femme de devoir et femme
d'intérieur accomplie: cuisine, ménage, tricot, couture, jardin, était une femme que l'on dit parfaite. Vivre avec la perfection , croyez-moi c'est plus que difficile , il faut être à la hauteur , irréprochable.
Elevée sévèrement ma mère ne faisait de compliments à personne surtout pas à nous ses enfants cela aurait pu nous rendre orgueilleux. A l'adolescence , rêveuse , très occupée à étudier et à gagner le coût de mes études en travaillant à l'Oeuvre des terrains de jeux, je m'accommodais assez bien de sa perfection. Après mon mariage ce fut autre chose. Je la voyais un week-end par mois et à toutes les grandes fêtes , je revenais toujours bouleversée de nos rencontres , les larmes au yeux avec un mal d'estomac angoissant .Me voyant souvent mal en point en sa présence , ma mère que les questions directes n'avaient jamais gênée me dit:`` Coup donc est-ce que je te rends malade? ``
A sa question , face à elle, nulle réponse. Pourtant je réfléchissais et j'en étais à me demander si elle n'avait pas raison lorsque je lus le livre de Marie Cardinal. Le vécu de l'auteur avec sa propre mère, médecin et femme de devoir n'a rien de commun avec le mien. Ce qui est semblable, c'est la souffrance qui nous étouffe.
Marie Cardinal exprimait avec ses mots à elle , exactement ce que je ressentais moi-même. Elle me fit prendre conscience du grand pouvoir que j'accordais à ma mère, mon désir d'approbation , d'identification et surtout que je n'avais pas le pouvoir de la changer mais de changer mon jugement face à la situation.
L'auteur qui a fait une longue psychanalyse explique qu'après avoir pris conscience de l'interaction psychologique entre sa mère et elle , elle a pu prendre suffisamment de distance émotionnelle pour en arriver à un degré de neutralité: les blessures d'enfance de sa mère appartiennent à sa mère et que pour guérir de ses propres blessures , il faut travailler sur soi , éviter de prendre les remarques désobligeantes de ses proches comme étant personnelles, ne pas tenir les autres pour responsables ils ont bien assez de leurs propres bobos à gérer.
Si vous avez des relations mère-fille pénibles, je vous souhaite de lire un livre qui vous ouvrira des portes. Cela m'est arrivé à 45 ans , deux ans avant le décès de ma mère ... heureusement pour nous deux.
dimanche 17 juillet 2011
Le père de Mariannhill
La communauté religieuse de Mariannhill s'établit à Sherbrooke après la deuxième guerre mondiale. Les premiers pères originaient de l'est de l'Europe et partaient l'été, faire le tour des Cantons de l'Est en proposant leurs prières, leurs annales, faisant ainsi connaissance avec les familles peu habituées à voir des étrangers.
Ma famille recevait depuis trois ans , le même petit père , un polonais si j'ai bonne mémoire. Un homme chétif dans la cinquantaine, d'un gentillesse exquise et d'une modestie inoubliable. L'été de mes douze ans il sonne à notre porte pour sa visite annuelle . Ma mère étant hospitalisée je prends l'initiative de l'inviter à souper pour 18:00h . Mon père arrive de son travail à17:15h et je lui fais part de mon invitation. Un peu décontenancé de recevoir un hôte sans trop de préavis mon père décide de faire cuire de la truite (sa spécialité). Il faut dire que mon père , habitué aux diverses maladies de ma mère , se débrouillait très bien avec tous les travaux domestiques.
A 18:00h le bon père s'amène et ce sont de joyeuses retrouvailles. L'accent fort prononcé du père rendait mon frère et moi hilares, nous nous étouffions de rire en l'entendant parler de son pays d'origine.
Derrière la table de la cuisine , papa avait installé un grand miroir pour nous permettre de regarder la télévision sans aller au salon. Le père considérant le procédé astucieux, dirige son index vers la tempe de notre paternel en disant:``Papa is ça ,ça``. Mon frère Guy riait tellement qu'il laissait fuser de gros Tsssi Tsssi bien sonores et incontrôlables. Papa que je croyais gêné par notre manque de savoir-vivre demande alors au Mariannhill de nous parler en polonais. Ce qui fut fait et se termina en un éclatement généralisé: nous riions tous , le père y compris et il nous assura qu'il n'avait ri de si bon coeur depuis longtemps.
Vous étiez très sympathique, monsieur le Mariannhill polonais.
Ma famille recevait depuis trois ans , le même petit père , un polonais si j'ai bonne mémoire. Un homme chétif dans la cinquantaine, d'un gentillesse exquise et d'une modestie inoubliable. L'été de mes douze ans il sonne à notre porte pour sa visite annuelle . Ma mère étant hospitalisée je prends l'initiative de l'inviter à souper pour 18:00h . Mon père arrive de son travail à17:15h et je lui fais part de mon invitation. Un peu décontenancé de recevoir un hôte sans trop de préavis mon père décide de faire cuire de la truite (sa spécialité). Il faut dire que mon père , habitué aux diverses maladies de ma mère , se débrouillait très bien avec tous les travaux domestiques.
A 18:00h le bon père s'amène et ce sont de joyeuses retrouvailles. L'accent fort prononcé du père rendait mon frère et moi hilares, nous nous étouffions de rire en l'entendant parler de son pays d'origine.
Derrière la table de la cuisine , papa avait installé un grand miroir pour nous permettre de regarder la télévision sans aller au salon. Le père considérant le procédé astucieux, dirige son index vers la tempe de notre paternel en disant:``Papa is ça ,ça``. Mon frère Guy riait tellement qu'il laissait fuser de gros Tsssi Tsssi bien sonores et incontrôlables. Papa que je croyais gêné par notre manque de savoir-vivre demande alors au Mariannhill de nous parler en polonais. Ce qui fut fait et se termina en un éclatement généralisé: nous riions tous , le père y compris et il nous assura qu'il n'avait ri de si bon coeur depuis longtemps.
Vous étiez très sympathique, monsieur le Mariannhill polonais.
vendredi 15 juillet 2011
des orages dissemblables
Certains phénomènes naturels sont plus difficiles que d'autres à décrire. Les orages font partie de ceux-ci. On dira d'eux qu'ils sont d'une sonorité plus ou moins forte , d'une violence à faire trembler les morts ou si lointains qu'ils forment des éclairs de chaleur.
J'ai assisté à des orages costauds mais plutôt brefs dans un pays d'Afrique, la Côte d'Ivoire. Le compteur de l'électricité s'animait de flashs pas très rassurants seule une coupure du courant évitait de le griller.
Dans la région de Coaticook (lac Lyster) où les rochers sont à fleur de terre , les orages résonnent en écho. Ils sont impressionnants, on dirait que l'indien Piskiart qui veille sur le lac, a perdu la maitrise de son tam-tam.
Les plus beaux orages que j'ai vus étaient silencieux car ils étaient lointains à la frontière du Québec et du Vermont à St-Armand.Ces orages formés d'éclairs horizontaux, illuminaient la forêt de feuillus sur une dizaine de kilomètres. Ils dansaient la grande valse en formant de mini zigzags répétés qui auraient fait sensation sur une photo panoramique. Les éclairs emplissaient le ciel de teintes d'aurores boréales et formaient une longue banderole de feux d'artifices sans pétarade, quelques instants en clins d'oeil et puis en s'éveillant.Ils pouvaient se donner en spectacle pendant des heures.
Mon fils David alors un ado peu impressionnable en était resté bouche bée et m'avait avoué que c'était vraiment beau. Après une telle appréciation venant d'un ado, je n'avais plus de qualificatifs à ajouter. C'était vraiment beau.
J'ai assisté à des orages costauds mais plutôt brefs dans un pays d'Afrique, la Côte d'Ivoire. Le compteur de l'électricité s'animait de flashs pas très rassurants seule une coupure du courant évitait de le griller.
Dans la région de Coaticook (lac Lyster) où les rochers sont à fleur de terre , les orages résonnent en écho. Ils sont impressionnants, on dirait que l'indien Piskiart qui veille sur le lac, a perdu la maitrise de son tam-tam.
Les plus beaux orages que j'ai vus étaient silencieux car ils étaient lointains à la frontière du Québec et du Vermont à St-Armand.Ces orages formés d'éclairs horizontaux, illuminaient la forêt de feuillus sur une dizaine de kilomètres. Ils dansaient la grande valse en formant de mini zigzags répétés qui auraient fait sensation sur une photo panoramique. Les éclairs emplissaient le ciel de teintes d'aurores boréales et formaient une longue banderole de feux d'artifices sans pétarade, quelques instants en clins d'oeil et puis en s'éveillant.Ils pouvaient se donner en spectacle pendant des heures.
Mon fils David alors un ado peu impressionnable en était resté bouche bée et m'avait avoué que c'était vraiment beau. Après une telle appréciation venant d'un ado, je n'avais plus de qualificatifs à ajouter. C'était vraiment beau.
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