vendredi 15 juillet 2011

Les idées brillantes sont-elles héréditaires?

Lorsque mon frère Guy et moi avons connu mon grand-père Wellie, son alcoolisme ne nuisait plus qu'à lui-même. Pour nous ses petits-enfants  c'était même  un sujet de plaisanteries. Nous remplacions souvent sa bière par du  ``Ginger Ale``en lui demandant  si sa bière était bonne et il nous répondait par l'affirmative en feignant d'ignorer la substitution.

Un samedi soir de juillet  1963, Wellie est assis près de moi sur le divan du salon , nous regardons la télévision en attendant de prendre la relève  d'une partie de cartes. Je vois passer mon frère  Guy (13 ans) tenant notre chat dans ses bras en se dirigeant à l'étage dans sa chambre.  Guy  jouait  avec notre jeune cousine Lise Trudel( 6 ans) , à cacher le chat et  à le trouver. Notre maison chauffée au bois était munie d'une  grille  amovible installée  au plafond   du salon, elle permettait  de faire circuler la chaleur   du rez-de-chaussée à l'étage.  Oh la brillante idée!  Mon frère enlève la grille  du plancher de sa chambre , me fait signe de garder le silence et sans plus attendre, lance le chat par le trou , sur la tête chauve de mon grand-pèreWellie toujours assis à mon  coté. Quelle subtile  cachette !

Evidemment nous avons beaucoup ri de la farce  sauf mon père qui ne voulait encourager le vice et bien sûr mon grand-père qui a plutôt ri jaune... et qui a gardé une marque  de griffes de chat  sur son crâne dénudé pendant quelques jours.

Je sais que l'âme de mon grand-père Wellie repose en paix ,  la quantité  d'alcool qu'il a ingurgité de son vivant le préserve pour l'éternité.

vendredi 8 juillet 2011

des oiseaux et des chats

Il existe sans doute une sorte de mutualisme entre les chats et les oiseaux. A Bedford j'ai été amusée par des hirondelles bicolores qui avaient pris en grippe un bon gros matou blanc. Avait-il attrapé une  hirondelle pour la manger ou delogé un de ses oisillons ?... Le pauvre chat essayait par tous les moyens de sortir d'un ponceau. A droite comme à gauche, des hirondelles l'attendaient  et lui picoraient la tête  comme pour l'épouiller. Le manège a duré longtemps et lorsque lassées elles sont parties, le matou a attendu un bon moment avant de se risquer à sortir et s'est enfui chez-lui en vitesse.

J'ai observé le même phénomène  avec des bruants chez ma belle-soeur Pauline . Son chat Callou, chat de maison sans malice, attaché à la corde à linge pour prendre l'air se faisait littéralement charger  par les oiseaux qui semblaient prendre un plaisir fou à voir le chat miauler  et baisser les oreilles.

Que dire aussi de ma très belle chatte Camille et de Ti-gris mon chat invité  qui adorait les sacs de couchage au Grand Verglas. Quand ces deux félins passaient devant la porte vitrée de mon foyer , ils semblaient fascinés. A plusieurs reprises j'avais remarqué leur insistance pour l'âtre.J'étais certaine d'y trouver une souris prisonnière,  j'ai plutôt trouvé un beau bruant sans doute entré par la cheminée  pour manger des insectes et s'y trouvant piégé n'avait pu ressortir.

Mais la véritable symbiose , c'était Ti-gris et moi.  Ti-gris était un joueur né, avec lui tout était prétexte  aux jeux : papier d'aluminium, une corde , une balle, une branche oscillant au vent ,la neige folle sur la corde de bois, même un oiseau...Cher Ti-gris, toi et moi on faisait un bon couple.

samedi 2 juillet 2011

Allez debout !

Ah les petits maudits je les aurais volontiers envoyés à Sherbrooke  et  à Gatineau chez mes cousins Michel et Louis, ornithologues émérites. Pendant trois étés à tour de rôle , ils me servaient de réveil . Inutile d'essayer de dormir plus tard que 5:30h ou 6:00h  la cacophonie est en marche.
La première alarme est venue d'un geai bleu  et d'un écureuil qui face à face règlaient  leurs différends  à coups de bec et de frous-frous sur la clôture blanche derrière chez-moi. L'écureuil défendait ses arachides cachées dans mes plates-bandes.
L'été suivant j'ai eu droit à deux corneilles  qui enseignaient le vol à leurs petits. Couac ,couac, couac la mélodie n'arrêtait pas.  Puis quand   je frisais la crise de nerfs , elles partaient pour la journée  mais revenaient au dortoir le soir. J'ai connu aussi   l'épervier de Cooper qui avec ses kik, kik, kik  et son vol plané, a l'air d'un colonel commandant son régiment. Il se perchait sur le toit  de l'immeuble et surveillait je ne sais qui ou quoi. Il recommençait son manège le soir  vers 19:00h.

Je croyais avoir le plaisir de nourrir  les oiseaux  lors de mon retour à St-Jean-sur-Richelieu avec des graines de tournesol  striées. Tout de suite les oiseaux ont été délogés par un écureuil  qui s'est approprié la mangeoire et qui y a déposé ses  empreintes dentaires. Il était d'une telle voracité qu'après une semaine  j'ai retiré la mangeoire en sa présence , lui expliquant que des goinfres comme lui il fallait les mettre au pas. Je lui ai donné une heure de rendez-vous quotidienne  à 16:00h .  Sachez qu'il connaissait l'heure, il m'attendait assis sur la clôture  et je dosais sa pitance. Par mauvais temps il m'arrivait de l'oublier, je le trouvais sur le dossier de ma berçeuse , patient, me regardant par la fenêtre du patio.
L'hiver a fermé  le robinet  et comme mon trottoir  sert d'autoroute pour les chats, l'écureuil a dû programmer son GPS vers le chêne et les érables. J'ai su aussi par les locataires du deuxième que certains craignent les rongeurs...

vendredi 1 juillet 2011

L'expo de Bedford

L'exposition de Bedford  est la plus vieille au Québec et au Canada je crois. Ce n'est pas la plus intéressante mais elle attire quand même bien du monde par tradition.
Cette année là j'avais invité ma belle-soeur et mes neveux Luc et Michel  à visiter l'expo.Nous sommes devant les stalles des vaches, on s'apprête à faire parader l'une d'elles pour le jugement.  Luc qui la regarde les yeux tous ronds s'exclame :``mais c'est donc ben gros, j'en pensais pas que c'était gros de même.``Je m'interroge , que peut-il trouver de si gros? la Vache, il n'avait jamais vu une vache de près.  Luc est un ado de 16 ans , un urbain, il a visité le zoo de Granby, le parc Safari  sans  y voir  de vaches .

Deux ans plus tard en visitant la même exposition je m'arrête devant un mouton qui a gagné  de nombreux rubans et dont le jeune propriétaire couche à proximité pour ne pas laisser son mouton seul. Ce mouton est d'une saleté repoussante on dirait qu'il est crotté.  Sa laine est emmêlée de brindilles, il a un oeil à moitié fermé et l'autre pas très droit, une de ses oreilles est basse tandis que l'autre tente de se redresser. J'avoue ne rien comprendre à la dizaine de rubans  prestigieux qu'il s'est  mérité.
Avec diplomatie je mentionne à l'ado que son mouton a l'air affectueux mais que sa beauté laisse à désirer. L'ado regarde son mouton avec tendresse  et m'explique que c'est justement pour cela que son mouton est le récipiendaire de tant de rubans, il a toutes les caractéristiques de sa race.

Ce jour là j'ai appris, il y a des avantages à tout.

La partie basse

Mon père avait pour habitude de cueillir les noisettes, les noix de Grenoble, les pommettes et les pommes sauvages car il aimait leurs goûts particuliers. Un dimanche du mois d'août, ma mère , mon mari et moi l'accompagnons dans un rang de Barnston pour profiter des pommes maintenant mûres. Les deux pommiers sont au milieu du champ où paissent  un troupeau de vaches laitières.

Les vaches aiment  les pommes, je le sais pour en avoir donné aux vaches qui venaient me reluquer à Sabrevois. De temps en temps,  je tends une pomme à une ou deux vaches et je continue la cueillette. Tout à coup ma mère me crie en essayant de rester calme :`` Denise, reviens  tout de suite``Je la regarde ne comprenant pourquoi je dois revenir. Puis ma mère ajoute:``regarde, regarde``. Je regarde et je ne vois rien d'autres que deux pommiers et des vaches. Ma mère de plus en plus paniquée presqu'en colère: ``regarde plus bas, tu ne regardes pas  à la bonne place.``

Oh là là là !!!  Le Boeuf offusqué   parce que je m'intéresse à SES vaches  est venu m'éconduire  jusqu'à la clôture , les cornes en évidence et en levant des mottes de terre. J'avoue que j'ai eu un peu chaud et je ne vous parle pas de ma mère...

Quand les oreilles font la différence

Ma cousine Lise élevée sur la ferme de son père mon oncle Sylvio, habitait maintenent à Manchester aux Etats-Unis, ses parents ayant émigré dans les années 1970. Lise vient me visiter à St-Armand. St-Armand, un des plus beaux villages du Québec , peu populeux, s'étend du lac Champlain jusqu'à Frelisburg tout aussi beau. Après nous être fait piquer par les maringouins en nous promenant dans le bois,  nous profitons de la belle soirée pour faire un tour d'auto  et admirer les collines avec l'espoir d'apercevoir un chevreuil  si nombreux dans la région.

Nous rencontrons le maire et son épouse qui font un tour de calèche  et au cours de la conversation  je leur mentionne  qu'en passant devant leur pâturage j'ai vu un chevreuil  couché au milieu de leur troupeau de boeufs d'élevage.Le fait qu'il soit couché m'a intriguée...

Je vois le regard interrogateur du maire  qui psychologue me dit en douce: `` tu es certaine que c'est un chevreuil parce  que j'ai mon âne avec le troupeau.``  Je trouvais aussi que ce chevreuil avait de drôles d'oreilles. Lise a  bien ri de moi , ses frères et soeurs aussi.  J'ai perdu ma crédibilité, je ne suis pas assez futée pour faire la différence entre  un âne et un chevreuil.

maitres sauveteurs

A Saint-Armand notre maison surplombe une colline qui donne sur un  marais protégé, l'étang Streit, un sanctuaire d'oiseaux. Les tortues sortent du marais à la mi-mai pour pondre leurs oeufs qu'elles enterrent dans le sable ou le gravier. Elles peuvent ainsi se retrouver à plus d'un kilomètre de leur départ. David mon fils , âgé de seize ans, entre  en vitesse dans la maison en disant :``Il y a  une énorme tortue dans le milieu du chemin. Viens voir.`` J'accoure, il a raison c'est toute une tortue, une serpentine, On avise qu'il faut l'enlever avant qu'une auto ne l'écrase. David , je le vois bien, craint de se faire pincer les doigts par la tortue  en la soulevant par sa carapace. Moi je crains de la trouver trop lourde et de l'échapper .
Nous avons été chercher une pelle carrée dans notre garage et avec celle-ci nous avons déplacé la tortue vers le champ. Elle est retournée au marais, nous étions heureux de notre sauvetage à la pelletée.

Autre tortues

Nicomas le chien de Randy notre voisin anglais venait marcher avec moi chaque fois que je descendais au marais.Ce chien était d'une intelligence  peu commune certains humains auraient pu en être jaloux...
Je montre à Nicomas  une tortue  en train de pondre et je lui demande de  me trouver d'autres tortues.
Il en a répéré sept  cachéees dans l'herbe. Il plaçait sa patte à proximité de la tortue , me regardait et attendait que j'arrive près d'elles ( patte et tortue). Ce chien qu'un vétérinaire avait dressé,  était un fou de baignades et marchait au pas comme un soldat. Son maître m'en avait confié la  garde  toute une année pour des raisons professionnelles. L' hiver  il attrappait les balles de neige au vol .Quand Randy revenait le chercher les fins de semaine ce chien me demandait du regard la permission de  le rejoindre. Je lui disais:`` voyons Nicomas c'est ton père qui arrive qu'est-ce que tu attends?``.