Alors que les terrains de camping n'étaient qu'à leurs balbutiements, oncle Germain et tante Fernande se lançaient dans la grande aventure du camping , elle allait durer tout le reste de leur vie.
Le lac Lippy à St-Herménégilde leur a servi de lieu d'essai et j'ai été invitée à partager leur expérience un certain week-end de juillet quand j'avais quatorze ans. Mon oncle avait loué le minimum d'équipement : la tente, la lampe et le poêle Coleman. Il n'avait pas prévu coucher sur place et il avait monté la tente sur un terrain privé sans la permission du propriétaire , nous étions anxieux de nous faire évincer. Après quelques pourparlers , la permission temporaire nous fut accordée et nous avons résolu d'y coucher afin de surveiller notre sommaire installation.
Fernande était couchée sur une chaise longue pas très confortable, sa fille Lise , 3 ans, étendue sur un grand coussin . Moi j'ai sommeillé sur un siège d'automobile monté sur des blocs de bois qui menaçaient de tomber chaque fois que je bougeais.Au début de la nuit nous avions chaud mais vers l'aurore , nos petites couvertures ne nous réchauffaient plus assez.Nous avons quand même aimé nous endormir au son des cigales et du coassement des grenouilles et nous faire éveiller par le pépiement des oiseaux.
Une semaine après ce premier camping, mon oncle et ma tante achetaient un équipement complet. Ils avaient vite compris que de bons sacs de couchage et des lits de camp assureraient un meilleur confort.Au cours des ans, la tente-roulotte a remplacé la tente , elle a roulé en Gaspésie, en Ontario, aux Etats-Unis et occupé presque tous les campings des Cantons de l'Est. Une roulotte permanente a pris la relève, Fernande a campé de nombreuses années au camping Pré Vert de Cookshire -Eaton jusqu'à ce que la maladie d'Alzheimer mette un terme à sa persévérance.
samedi 13 août 2011
jeudi 11 août 2011
Très étrange
Si mes deux premières expériences étranges m'ont interrogée, cette dernière m'a carrément jetée sur le cul. Quand j'écris ces lignes je suis toujours estomaquée.
Me voici en 1999, le 3 septembre à 11:00 am alors que le téléphone sonne.
J'explique:
Mon père est mort au début de février 1999 et depuis son veuvage et le mien en 1994 à quatre mois d'intervalle, il venait me visiter une semaine par mois et je lui rendais la pareille un week-end. Son anniversaire étant le 3 septembre, la veille je m'étais conditionnée au calme voire ne pas pleurer toute la journée.Ce vendredi tout se passait comme prévu , du moins je le croyais, jusqu'à ce que le téléphone sonne.
Je réponds: ``Oui bonjour! ``en jetant un regard vers mon afficheur où je constate un interurbain. Mon interlocuteur demande: `` Bernadette `` (le nom de ma mère décédée en 1993) d'une voix caverneuse, mon premier étonnement.
Je suis sur le point d'expliquer qu'elle est décédée depuis un moment quand mon afficheur attire mon attention :849-3703 le numéro de mon père à Coaticook. Ce numéro je l'ai fait annuler peu avant son décès, deuxième étonnement.
Je regarde vitement le code régional 604, celui de Vancouver et de l'ile du même nom où habite mon frère Guy alors en voyage en Angleterre, troisième étonnement.
Je m'apprête à dire :`` Vous vous êtes trompé de numéro `` quand je pense à m'informer de l'interlocuteur:`` Who speaking? `` j'ai failli m'évanouir en entendant la réponse: ``Jean-Claude`` , le nom de mon mari défunt, quatrième étonnement et non le moindre.
J'ai eu la force de balbutier dans un anglais chevrotant:`` Its a wrong number``. Puis je suis rapidement allée m'asseoir au salon en me pinçant pour vérifier que je ne rêvais pas et j'ai répété ce geste toute la journée, j'étais sciée.
Le lendemain j'ai appelé pour savoir qui pouvait bien m'avoir joué un si vilain tour. Un répondeur m'a débité : nous sommes désolés de ne pouvoir vous répondre , en cas d'urgence... et on laissait un autre numéro.Lorsque j'ai reçu le compte de téléphone , je possédais la preuve matérielle que je n'avais pas inventé cet appel qui m'a tant bouleversée.
J'ai cherché longtemps la signification de ce message et je pense l'avoir trouvée , vous m'excuserez de me garder une petite gêne.
Me voici en 1999, le 3 septembre à 11:00 am alors que le téléphone sonne.
J'explique:
Mon père est mort au début de février 1999 et depuis son veuvage et le mien en 1994 à quatre mois d'intervalle, il venait me visiter une semaine par mois et je lui rendais la pareille un week-end. Son anniversaire étant le 3 septembre, la veille je m'étais conditionnée au calme voire ne pas pleurer toute la journée.Ce vendredi tout se passait comme prévu , du moins je le croyais, jusqu'à ce que le téléphone sonne.
Je réponds: ``Oui bonjour! ``en jetant un regard vers mon afficheur où je constate un interurbain. Mon interlocuteur demande: `` Bernadette `` (le nom de ma mère décédée en 1993) d'une voix caverneuse, mon premier étonnement.
Je suis sur le point d'expliquer qu'elle est décédée depuis un moment quand mon afficheur attire mon attention :849-3703 le numéro de mon père à Coaticook. Ce numéro je l'ai fait annuler peu avant son décès, deuxième étonnement.
Je regarde vitement le code régional 604, celui de Vancouver et de l'ile du même nom où habite mon frère Guy alors en voyage en Angleterre, troisième étonnement.
Je m'apprête à dire :`` Vous vous êtes trompé de numéro `` quand je pense à m'informer de l'interlocuteur:`` Who speaking? `` j'ai failli m'évanouir en entendant la réponse: ``Jean-Claude`` , le nom de mon mari défunt, quatrième étonnement et non le moindre.
J'ai eu la force de balbutier dans un anglais chevrotant:`` Its a wrong number``. Puis je suis rapidement allée m'asseoir au salon en me pinçant pour vérifier que je ne rêvais pas et j'ai répété ce geste toute la journée, j'étais sciée.
Le lendemain j'ai appelé pour savoir qui pouvait bien m'avoir joué un si vilain tour. Un répondeur m'a débité : nous sommes désolés de ne pouvoir vous répondre , en cas d'urgence... et on laissait un autre numéro.Lorsque j'ai reçu le compte de téléphone , je possédais la preuve matérielle que je n'avais pas inventé cet appel qui m'a tant bouleversée.
J'ai cherché longtemps la signification de ce message et je pense l'avoir trouvée , vous m'excuserez de me garder une petite gêne.
Assez étrange
En 1978, je demeurais sur la Montée Bertrand à Sabrevois, mon mari et moi ainsi qu'un couple d'amis revenions d'une réunion familiale à Chambly . Nous étions en janvier, il faisait très froid (- 20C) c'était la pleine lune et le ciel scintillait d'étoiles. En approchant de notre maison , nous avons tous remarqué le drôle de nuage ( expression de nos amis) qui se trouvait juste au dessus du boisé derrière chez-nous. Un seul nuage , à mi hauteur entre le bleu du ciel et la ligne des arbres, un nuage d'où sortaient des éclairs qui ne ressemblaient ni à des éclairs de chaleur ni à des éclairs d'orage.
On aurait pu supposer que le nuage servait de camouflage à des tirs d'artillerie dépourvus de son. Quand un éclair jaillissait par devant, un autre éclair semblait diriger ses rayons vers celui-ci comme en une riposte guerrière. Mes amis et nous n'avions jamais vu un phénomène semblable. Nous sommes entrés pour prendre un café et au moment du départ de nos amis une demi-heure plus tard , seules la lune et les étoiles occupaient le firmament.
On aurait pu supposer que le nuage servait de camouflage à des tirs d'artillerie dépourvus de son. Quand un éclair jaillissait par devant, un autre éclair semblait diriger ses rayons vers celui-ci comme en une riposte guerrière. Mes amis et nous n'avions jamais vu un phénomène semblable. Nous sommes entrés pour prendre un café et au moment du départ de nos amis une demi-heure plus tard , seules la lune et les étoiles occupaient le firmament.
Etrange, étrange
Voilà un sujet délicat! Je crois être du genre réaliste, j'accepte le mystère mais quand je peux expliquer un phénomène par des arguments rationnels je suis habituellement plus satisfaite car je risque moins de passer pour une fabulatrice.
J'ai été confrontée à de l'étrange pour la première fois lorsque j'habitais avec mes parents à Coaticook sur la rue Main. La maison avait de l'âge, elle se divisait en cinq logis, ma famille habitait le devant du rez-de-chaussée. Les trois chambres à coucher se présentaient en enfilade sans corridor. Ma chambre communiquait avec celle de mon jeune frère et la sienne dans la chambre de mes parents.Ceux-ci se couchaient autour de 12:30h am et puisqu'une porte de la cuisine donnait aussi sur ma chambre ainsi qu' une grande grille murale qui laissait passer la lumière, je ne dormais qu'un d'un oeil avant 1:00h am.
A plusieurs reprises après le coucher de mes parents, alors que j'étais encore éveillée , j'ai vu passer deux êtres filiformes qui marchaient de ma chambre vers celle de mon frère . La première fois j'ai failli crier de surprise et de peur puis j' ai pensé que j'avais du rêver ou m'imaginer le phénomène. Presque toutes les nuits pendant un bon moment , j'ai revu mes deux fantômes , ils me regardaient imperturbables en passant , le plus grand me disait en pensée: `` il ne faut pas avoir peur, on ne fait que passer``.`C'est vrai qu'ils ne faisaient que passer et toujours dans le même sens. J'ai fini par m'habituer à leur présence et je ne les surveillai plus chaque nuit car j'avais besoin de sommeil. Non, je ne rêvais pas , j'avais alors douze ans.
J'ai été confrontée à de l'étrange pour la première fois lorsque j'habitais avec mes parents à Coaticook sur la rue Main. La maison avait de l'âge, elle se divisait en cinq logis, ma famille habitait le devant du rez-de-chaussée. Les trois chambres à coucher se présentaient en enfilade sans corridor. Ma chambre communiquait avec celle de mon jeune frère et la sienne dans la chambre de mes parents.Ceux-ci se couchaient autour de 12:30h am et puisqu'une porte de la cuisine donnait aussi sur ma chambre ainsi qu' une grande grille murale qui laissait passer la lumière, je ne dormais qu'un d'un oeil avant 1:00h am.
A plusieurs reprises après le coucher de mes parents, alors que j'étais encore éveillée , j'ai vu passer deux êtres filiformes qui marchaient de ma chambre vers celle de mon frère . La première fois j'ai failli crier de surprise et de peur puis j' ai pensé que j'avais du rêver ou m'imaginer le phénomène. Presque toutes les nuits pendant un bon moment , j'ai revu mes deux fantômes , ils me regardaient imperturbables en passant , le plus grand me disait en pensée: `` il ne faut pas avoir peur, on ne fait que passer``.`C'est vrai qu'ils ne faisaient que passer et toujours dans le même sens. J'ai fini par m'habituer à leur présence et je ne les surveillai plus chaque nuit car j'avais besoin de sommeil. Non, je ne rêvais pas , j'avais alors douze ans.
lundi 8 août 2011
Vivre et Laisser vivre
Des amis à moi ont fait graver Vivre et Laisser vivre sur une dalle du seuil de leur maison. J'ai trouvé la devise à mon goût parce qu'elle ne m'apparaissait pas à prime abord moralisante. Je veux bien pratiquer la vertu à la condition que l'on me fout la paix avec les ``il ne faut pas que... et les c'est mieux que...``
Vivre et Laisser vivre cela semble facile à réaliser , je m'y exerce depuis une vingtaine d'années et mon score ne dépasse à peine les cinquante pour cent. Pourtant je m'efforce de Vivre le plus possible selon mes convictions mais voilà que souvent le regard des autres m'interpelle , je ne me sens pas à la hauteur de leurs attentes, je me juge sévèrement.
Laisser vivre s'avère encore plus difficile. Si je vis avec un buveur ou un fumeur et que je sois sobre et non fumeur , je choisis de Vivre ou de Laisser vivre?
Laisser vivre c'est entendre la musique rock de mon voisin ou lui imposer ma musique country?
Vivre et Laisser vivre c'est dormir au côté de mon conjoint qui ronfle , qui me tient éveillée et aime être collé-collé ou faire chambre à part?
C'est saluer le Témoin qui frappe poliment à ma porte pour m' offrir sa lecture biblique ou lui claquer la porte au nez?
C'est accepter mon ado aux cheveux longs et qui porte sa casquette partout même sous la douche ou lui couper les cheveux pendant son sommeil?
C'est manger des spaghettis avec ma petite fille en ajoutant du fromage à profusion pour masquer les épices ou lui faire des macaronis?
Vivre et Laisser vivre c'est comme le sport , on finit par y arriver à force de pratique et de constance on recommmence souvent presqu'à zéro selon celui qui est devant soi et de l'importance qu'on lui accorde.
Cela m`oblige à redéfinir mes valeurs et à réévaluer celles des autres.
La prochaine fois que je franchirai la porte de mes amis , je crois que je subtiliserai leur dalle pour la remplacer par cette inscription:
L'Eau s'accommode de la cruche
Vivre et Laisser vivre cela semble facile à réaliser , je m'y exerce depuis une vingtaine d'années et mon score ne dépasse à peine les cinquante pour cent. Pourtant je m'efforce de Vivre le plus possible selon mes convictions mais voilà que souvent le regard des autres m'interpelle , je ne me sens pas à la hauteur de leurs attentes, je me juge sévèrement.
Laisser vivre s'avère encore plus difficile. Si je vis avec un buveur ou un fumeur et que je sois sobre et non fumeur , je choisis de Vivre ou de Laisser vivre?
Laisser vivre c'est entendre la musique rock de mon voisin ou lui imposer ma musique country?
Vivre et Laisser vivre c'est dormir au côté de mon conjoint qui ronfle , qui me tient éveillée et aime être collé-collé ou faire chambre à part?
C'est saluer le Témoin qui frappe poliment à ma porte pour m' offrir sa lecture biblique ou lui claquer la porte au nez?
C'est accepter mon ado aux cheveux longs et qui porte sa casquette partout même sous la douche ou lui couper les cheveux pendant son sommeil?
C'est manger des spaghettis avec ma petite fille en ajoutant du fromage à profusion pour masquer les épices ou lui faire des macaronis?
Vivre et Laisser vivre c'est comme le sport , on finit par y arriver à force de pratique et de constance on recommmence souvent presqu'à zéro selon celui qui est devant soi et de l'importance qu'on lui accorde.
Cela m`oblige à redéfinir mes valeurs et à réévaluer celles des autres.
La prochaine fois que je franchirai la porte de mes amis , je crois que je subtiliserai leur dalle pour la remplacer par cette inscription:
L'Eau s'accommode de la cruche
mardi 2 août 2011
Les jardins et la fierté
J'ai visité en juillet un potager qui m'a beaucoup plu par le choix des légumes encore en devenir et par son site enchanteur. Il était entouré d'arbres adultes et d'arbustes juste à l'orée d'un chemin en gravelle suffisamment calme pour que de nombreuses espèces d'oiseaux veulent y faire leurs nids.Le potager de Louis et Louise que je baptiserai la Loulouerie promettait une récolte abondante et quand on sortait de l'enclos de protection contre les goûteurs: lièvres, ratons-laveurs et autres mignons ``grignoteux``, je me retrouvais dans un jardin où les hostas, les hémérocalles, les hydrangées m'ont ravie, à Gatineau.
J'ai fait plusieurs jardins pour les différentes maisons que j'ai habitées. Mes potagers n'étaient pas une réussite, j'avais la carotte coriace, le radis mangé par les vers, l'échalote faiblarde. Avec la menthe, j'ai eu un succès boeuf et les années d'après aussi, quel envahissement...Si mes potagers manquaient d'élégance , je me rattrapais avec les jardins : mes tournesols mexicains et mes zinnias, ma fierté!
Le mot est lancé, voilà bien la motivation du jardinier amateur, la fierté !La fierté de voir une si petite semence donner des fleurs et des fruits qui vous font vibrer le coeur. J'ai vu cette fierté là chez Louis et Louise. La fierté du travail de la terre à coups de bêche et d'arrache ongles , la fierté de la persévérance puis un beau matin la fierté de la récolte.
Je me souviens d'avoir déterré des fèves à quatre jours de leur mise en terre pour m'émerveiller de l'éclosion du germe. Si je réfléchis bien, je crois que cette fierté provient aussi de la sensation euphorique de participer à quelque chose de plus grand que soi , une sorte de communion avec une Nature que l'on voudrait bien obéissante mais qui nous échappe souvent , une nature au pouce vert délinquant. A ce propos , un jour j'ai lu `` Les jardins de Findhorn``. J'ai eu l'impression que j'aurais pu être l'auteur de ce livre tellement il correspondait à ma vision de la nature.
J'ai eu pour modèle un père qui avait beaucoup de succès avec son potager, c'est toutefois ma mère qui s'en glorifiait et mon frère qui travaillait au désherbage pendant que j'arrosais et pas toujours les vrais légumes...Mon frère n'aimait pas le jardinage et le déteste encore . Mon père qui ne mangeait de concombres , il les trouvait indigestes, se plaisait à en semer plusieurs variétés qui grimpaient sur toutes les cordes de palissage et prenaient de l'expansion.Quand je lui demandais pourquoi il cultivait autant de concombres , il me répondait:`` C'est pour faire enrager ta mère, ça envahit SON jardin.``
Si j'avais un terrain plus vaste et un âge moins canonique , je cultiverais une panoplie d'arbres fruitiers et d'arbustes décoratifs. Je suis quand même bien à mon aise de rêver et de visiter comme je l'ai fait avec un régal pour tous les sens, le jardin de ma parenté et celui de mes amies.
J'ai fait plusieurs jardins pour les différentes maisons que j'ai habitées. Mes potagers n'étaient pas une réussite, j'avais la carotte coriace, le radis mangé par les vers, l'échalote faiblarde. Avec la menthe, j'ai eu un succès boeuf et les années d'après aussi, quel envahissement...Si mes potagers manquaient d'élégance , je me rattrapais avec les jardins : mes tournesols mexicains et mes zinnias, ma fierté!
Le mot est lancé, voilà bien la motivation du jardinier amateur, la fierté !La fierté de voir une si petite semence donner des fleurs et des fruits qui vous font vibrer le coeur. J'ai vu cette fierté là chez Louis et Louise. La fierté du travail de la terre à coups de bêche et d'arrache ongles , la fierté de la persévérance puis un beau matin la fierté de la récolte.
Je me souviens d'avoir déterré des fèves à quatre jours de leur mise en terre pour m'émerveiller de l'éclosion du germe. Si je réfléchis bien, je crois que cette fierté provient aussi de la sensation euphorique de participer à quelque chose de plus grand que soi , une sorte de communion avec une Nature que l'on voudrait bien obéissante mais qui nous échappe souvent , une nature au pouce vert délinquant. A ce propos , un jour j'ai lu `` Les jardins de Findhorn``. J'ai eu l'impression que j'aurais pu être l'auteur de ce livre tellement il correspondait à ma vision de la nature.
J'ai eu pour modèle un père qui avait beaucoup de succès avec son potager, c'est toutefois ma mère qui s'en glorifiait et mon frère qui travaillait au désherbage pendant que j'arrosais et pas toujours les vrais légumes...Mon frère n'aimait pas le jardinage et le déteste encore . Mon père qui ne mangeait de concombres , il les trouvait indigestes, se plaisait à en semer plusieurs variétés qui grimpaient sur toutes les cordes de palissage et prenaient de l'expansion.Quand je lui demandais pourquoi il cultivait autant de concombres , il me répondait:`` C'est pour faire enrager ta mère, ça envahit SON jardin.``
Si j'avais un terrain plus vaste et un âge moins canonique , je cultiverais une panoplie d'arbres fruitiers et d'arbustes décoratifs. Je suis quand même bien à mon aise de rêver et de visiter comme je l'ai fait avec un régal pour tous les sens, le jardin de ma parenté et celui de mes amies.
lundi 1 août 2011
Croyances et certitudes
Vous qui avez des certitudes si vous saviez comme je vous envie. Je suis née sceptique et croyez bien que je n'en suis point fière. Etre sceptique , c'est vivre dans l'insécurité totale, c'est inconfortable, angoissant, cela peut même frôler la désespérance.
Mes plus vieux souvenirs remontent au berceau: je vois des gens penchés vers moi, admiratifs du gros bébé que j'étais , me parlant un langage simpliste de guili-guili. J'ai conscience de les regarder en me disant qu'ils me prennent sans doute pour une imbécile avant même que je leur en donne la preuve .
Dans l'enfance , je confondais croyance et certitude. Ainsi je croyais que le beurre provenait d'un quelconque mélange de farine et d'huile , très éloigné du lait. J'ai cru jusqu'à l'âge de sept ans que la frontière que l'on nommait ``ligne`` par chez-moi , était constituée d'un large et profond fossé qui s'étirait à l'infini et que l'on passait avec précaution aidé des douaniers. Mes lectures m'ont fait croire un certain temps que St-Exupéry était un vénérable saint plutôt qu'un écrivain célèbre.
Vous me direz que ma naiveté a dû se complaire lorsque l'enseignement religieux est entré dans ma vie. Pas du tout, mon scepticisme latent s'est éveillé et je ne compte plus les questions embarrassantes que je posais aux religieuses , aux vicaires , aux laics , concernant entre autres les propriétés et qualités de celui que l'on nomme Dieu. Je les interrogeais sur l'histoire des religions , sur la différence entre catholiques et orthodoxes . Je leur demandais s'ils adhéraient vraiment à toutes ces croyances.
Si Dieu existe comme on me le décrivait pourquoi celui des autres religions n'était-il pas aussi bon et fiable? La morale du petit catéchisme me semblait avoir été inventée par des hommes contrôlants bien plus que par Dieu lui-même...Je n'étais pas reposante pour les autres et encore moins pour moi-même. Les réponses apportées à mon questionnement me laissaient encore plus sceptique. Et si c'était autre chose ? Peut-il y avoir un autre point de vue?
Il y a bien une certitude à laquelle j'adhère: le corps que j'habite doit mourir un jour. Quant à ce que l'on nomme âme, esprit, entité ou autres termes plus ésotériques qui survit au corps, je choisis le pari de Pascal car cela me réconforte d'y croire. Sous quelle forme la vie continue-t-elle, je n'ai aucune certitude sauf de l'imagination à revendre.
Je ne fais pas partie des Sceptiques du Québec, je suis trop sceptique pour m'attacher à de telles croyances. Vous le voyez, longtemps j'ai été dans un tourment déchirant, mon coeur aurait voulu s'apaiser dans la croyance tandis que ma raison se rebiffait dans l'incertitude .
Pour vous rassurer sachez que depuis une dizaine d'années j'ai cessé de lutter contre ma condition de sceptique , je l'assume de mieux en mieux comme un don naturel qui servirait à poser des questions sans attendre que les réponses-vérités soient immuables . Je vous pose tout de même une dernière question: suis-je vraiment sceptique?
Mes plus vieux souvenirs remontent au berceau: je vois des gens penchés vers moi, admiratifs du gros bébé que j'étais , me parlant un langage simpliste de guili-guili. J'ai conscience de les regarder en me disant qu'ils me prennent sans doute pour une imbécile avant même que je leur en donne la preuve .
Dans l'enfance , je confondais croyance et certitude. Ainsi je croyais que le beurre provenait d'un quelconque mélange de farine et d'huile , très éloigné du lait. J'ai cru jusqu'à l'âge de sept ans que la frontière que l'on nommait ``ligne`` par chez-moi , était constituée d'un large et profond fossé qui s'étirait à l'infini et que l'on passait avec précaution aidé des douaniers. Mes lectures m'ont fait croire un certain temps que St-Exupéry était un vénérable saint plutôt qu'un écrivain célèbre.
Vous me direz que ma naiveté a dû se complaire lorsque l'enseignement religieux est entré dans ma vie. Pas du tout, mon scepticisme latent s'est éveillé et je ne compte plus les questions embarrassantes que je posais aux religieuses , aux vicaires , aux laics , concernant entre autres les propriétés et qualités de celui que l'on nomme Dieu. Je les interrogeais sur l'histoire des religions , sur la différence entre catholiques et orthodoxes . Je leur demandais s'ils adhéraient vraiment à toutes ces croyances.
Si Dieu existe comme on me le décrivait pourquoi celui des autres religions n'était-il pas aussi bon et fiable? La morale du petit catéchisme me semblait avoir été inventée par des hommes contrôlants bien plus que par Dieu lui-même...Je n'étais pas reposante pour les autres et encore moins pour moi-même. Les réponses apportées à mon questionnement me laissaient encore plus sceptique. Et si c'était autre chose ? Peut-il y avoir un autre point de vue?
Il y a bien une certitude à laquelle j'adhère: le corps que j'habite doit mourir un jour. Quant à ce que l'on nomme âme, esprit, entité ou autres termes plus ésotériques qui survit au corps, je choisis le pari de Pascal car cela me réconforte d'y croire. Sous quelle forme la vie continue-t-elle, je n'ai aucune certitude sauf de l'imagination à revendre.
Je ne fais pas partie des Sceptiques du Québec, je suis trop sceptique pour m'attacher à de telles croyances. Vous le voyez, longtemps j'ai été dans un tourment déchirant, mon coeur aurait voulu s'apaiser dans la croyance tandis que ma raison se rebiffait dans l'incertitude .
Pour vous rassurer sachez que depuis une dizaine d'années j'ai cessé de lutter contre ma condition de sceptique , je l'assume de mieux en mieux comme un don naturel qui servirait à poser des questions sans attendre que les réponses-vérités soient immuables . Je vous pose tout de même une dernière question: suis-je vraiment sceptique?
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